La Seconde Guerre mondiale : 1939-1945

La crise des années 1930 entraîne la Seconde Guerre mondiale : elle a favorisé l’installation des dictatures (Italie, Allemagne) et la montée du nationalisme. C’est le plus grand carnage de l’histoire : guerre totale et guerre idéologique, elle a fait plus de victimes civiles que de victimes militaires.

Les causes de la guerre

Crise et dictature

La crise de 1929 a entraîné la naissance de dictatures en Italie, au Japon et en Allemagne. Celles-ci cherchent à résoudre la crise par la guerre.

Le Japon, une puissance agressive

Du début du XXe siècle, le Japon a connu une importante augmentation de sa population et une forte croissance économique. Cependant, il doit importer des matières premières.

  • En 1930, le Japon est touché par la crise : les exportations diminuent. L’État japonais revendique, alors, un espace vital en Asie.
  • En 1931, le Japon occupe la Manchourie.
  •  En 1933, il quitte la S.D.N. (Société des Nations)
  •  En 1937, le Japon attaque la Chine : un pays divisé par la guerre civile entre les nationalistes de Tchang Kaï Tcheck et les communistes de Mao Zedong.

La guerre d’Espagne

En 1936, la victoire aux élections du « Frente Popular » est suivie par un putsch militaire organisé par Franco. La guerre civile éclate entre :

  • Les Nationalistes de Franco (El Caudillo) soutenus par l’Église, l’Armée et les propriétaires terriens. Ils reçoivent l’aide des troupes allemandes et italiennes pour lesquelles la guerre est un moyen de tester les matériels et d’entraîner les soldats (bombardement de Guernica peint par Picasso).
  • Les Républicains, composés de paysans, d’ouvriers et de membres des classes moyennes. Ils reçoivent l’aide de volontaires des brigades internationales.

En 1939, c’est la victoire de Franco. La guerre a fait un million de morts et des centaines de milliers d’exilés. L’Espagne est restée une dictature jusqu’à la mort de Franco, en 1975.

Les agressions d’Hitler

Dès son arrivée au pouvoir, Hitler prépare la guerre et la destruction du  traité de Versailles. 

  • En 1933, l’Allemagne quitte la S.D.N.
  • En 1935, le service militaire est rétabli, la Wehrmacht (la nouvelle armée allemande) est créée.
  • En 1936, la Rhénanie est remilitarisée, l’axe Rome-Berlin est formé et le pacte anti-Komintern avec le Japon est signé.
  • En 1938, a lieu l’Anschluss, c’est-à-dire, le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne.
  • En septembre 1938, Hitler revendique les Sudètes, partie du territoire de la Tchécoslovaquie, alliée de la France et de la Grande-Bretagne.
  • À la conférence de Munich (Hitler, Mussolini, Daladier et Chamberlain), les démocraties françaises et anglaises abandonnent la Tchécoslovaquie à Hitler : elles veulent, avant tout, la paix.
  • En mars 1939, Hitler envahit la Tchécoslovaquie. Il exige alors le « couloir de Dantzig », territoire polonais depuis 1919. Le 23 août 1939, il signe un pacte de non-agression avec l’URSS. Ce pacte prévoit le partage de la Pologne.

Les victoires de l’Axe (Rome, Berlin, Tokyo), 1939-1942

La campagne de Pologne et la « drôle de guerre »

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne envahit la Pologne. La France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne. C’est le début de la Seconde Guerre mondiale. L’armée polonaise doit affronter une armée moderne, la Wehrmacht. Le 17 septembre 1939, l’URSS attaque à l’est. La Pologne est vaincue et partagée en deux.Malgré la déclaration de guerre, la France et le Royaume-Uni ne réagissent pas. C’est la « drôle de guerre ». Les Français attendent une attaque allemande contre la ligne Maginot. Le moral des soldats et des civils s’effondre.Les Anglais établissent un blocus. Le Danemark et la Norvège sont occupés par l’Allemagne.

L’effondrement de la France (mai-juin 1940)

Le 10 mai 1940, l’Allemagne envahit la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas neutres. Les Français et les Anglais entrent alors en Belgique, mais les Allemands percent à Sedan. Le 20 mai, ils atteignent la Manche, les armées françaises et britanniques sont encerclées. Les Anglais parviennent à évacuer leurs troupes et une partie de l’armée française à Dunkerque. Plusieurs millions de civils fuient sous les bombardements des « Stukas », c’est l’exode.

Le 14 juin, Paris est occupé. Le maréchal Pétain forme un nouveau gouvernement et demande l’armistice le 17 juin. Il est signé à Rethondes le 22 juin. La France est vaincue, un million et demi d’hommes sont faits prisonniers.

La bataille d’Angleterre

À l’été 1940, la Luftwaffe attaque les aérodromes et les villes anglaises. Winston Churchill, premier ministre, promet à son peuple : « du sang, de la sueur et des larmes ». La RAF résiste.

En septembre 1940, Hitler comprend qu’il ne pourra pas envahir l’Angleterre. Il lance, alors, la « bataille de l’Atlantique » : les sous-marins allemands attaquent des convois anglais à destination et au retour des États-Unis.

La mondialisation du conflit

En avril 1941, la Yougoslavie et la Grèce sont envahies.

L’Afrika Korps débarque en Libye : les troupes allemandes ont pour objectifs le canal de Suez et le pétrole du Moyen Orient.

Le 22 juin 1941, commence l’« Opération Barbarossa ». L’URSS est envahie par l’armée allemande. Les succès sont importants mais les troupes allemandes sont bloquées à quelques kilomètres de Moscou, pour l’hiver.

Le 7 décembre 1941, les Japonais attaquent la flotte américaine à Pearl Harbor.

La guerre devient mondiale avec, d’un côté, l’Axe, composé de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon et, de l’autre, les Alliés comprenant les États-Unis, l’URSS et la Grande-Bretagne.

L’Europe à l’heure allemande

Le pillage du continent

Le Grand Reich domine l’Europe : d’une part, des états alliés (Italie, Hongrie), d’autre part des territoires occupés (France, URSS, Pologne). Les nazis pillent l’économie ce qui provoque le rationnement, la pénurie et la misère. Des contributions financières sont levées. Un partie de la main-d’œuvre est obligée de travailler pour l’économie allemande. En Pologne, la population est réduite en esclavage.

La terreur nazie

Le but est d’empêcher les révoltes. Les rafles sont nombreuses. Tout opposant est pourchassé par la Gestapo et risque la torture, l’exécution ou la déportation vers les camps de concentration. Des centaines de milliers de personnes sont soumises au travail forcé. À cause de la sous-nutrition et de la violence, la mortalité est énorme (1 million de morts).

Le génocide des Juifs et des Tsiganes

Dans les pays occupés, les Juifs sont exclus (port de l’étoile jaune, interdiction d’exercer certains métiers, etc).

Après l’invasion de l’URSS, les nazis passent de l’exclusion à l’extermination. Les Einsatzgruppen massacrent des centaines de milliers de Juifs en URSS.

En janvier 1942, à la conférence de Wannsee, les nazis décident la déportation et l’extermination des Juifs d’Europe : c’est « la solution finale de la question juive». Les Juifs de toute l’Europe sont déportés vers les camps d’extermination situés en Pologne (Auschwitz, Sobibor, etc). Dès leur arrivée, ils sont mis à mort dans les chambres à gaz, puis, brûlés dans les fours crématoires.

Le bilan est terrible : 5 millions de morts.

La France de Vichy

Les difficultés de la vie quotidienne

Pendant quatre ans, la France est morcelée : l’Alsace-Lorraine est annexée, le Nord–Pas-de-Calais est rattaché à la Belgique, le reste de la France est coupé en deux par la ligne de démarcation (la zone occupée avec pour capitale Paris, et la zone « libre », celle du gouvernement de Vichy). En novembre 1942, la zone libre est également occupée. Le pillage allemand entraîne des pénuries. Les produits sont rationnés. Il y a un important marché noir. La mortalité des enfants et des personnes âgées s’accroît, surtout en hiver. La peur est omniprésente : des rafles, de la Gestapo, des dénonciations, des bombardements. 

Le régime de Vichy

Le 10 juillet 1940, l’Assemblée Nationale met fin à la IIIe République. L’État français est proclamé. Le maréchal Pétain reçoit tous les pouvoirs. Très vite, il installe une dictature : tous les partis politiques sont supprimés. L’État Français est fondé sur des valeurs conservatrices. Il prétend mener une « Révolution nationale » pour « redresser » la France :

  • Le travail : les syndicats sont supprimés. L’artisanat et la paysannerie sont valorisés.
  • La famille : la natalité est encouragée, la fête des mères est créée, la religion catholique est mise à l’honneur.
  • La patrie, c’est-à-dire l’amour de son pays, est valorisée.

Ce régime réactionnaire est aussi antisémite : le statut des Juifs de 1940 vise à les exclure de la société française (des professions leur sont interdites ; ils sont obligés de porter l’étoile jaune à partir de 1942).

À partir de 1942, la police française aide les Allemands à déporter les Juifs (la rafle du Vel d’Hiv).

La collaboration

En octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à Montoire : c’est le début de la collaboration. Dès 1942, elle s’intensifie avec Pierre Laval, premier ministre. Le STO est créé pour les jeunes de 18 à 25 ans, la milice pourchasse les résistants et les Juifs ; la LVF (Légion des Volontaires Français) combat sur le front russe, aux côtés des troupes allemandes.

Les résistances en France

De Gaulle et la résistance extérieure

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle lance, à la BBC, un appel à la résistance : il croit à la victoire finale des Alliés. Les volontaires, peu nombreux, sont 70 000, fin 1941. Ils forment les « Forces Françaises Libres ». Sous le commandement du général Leclerc, ces troupes se battent aux côtés des Alliés. Cette « France libre » communique chaque jour avec la France occupée, par la radio (« Les Français parlent aux Français »).

En novembre 1942, les États-Unis débarquent en Afrique du Nord, la zone libre est alors envahie par les Allemands. L’empire colonial français entre dans la guerre aux côtés des Alliés.

La résistance intérieure

Elle prend différentes formes :

  • Des actes individuels comme la coupure de fils téléphoniques, par exemple.
  • Des actes dans le cadre des réseaux de renseignements, de propagande (des journaux clandestins comme « La Voix du Nord »), de récupération de pilotes alliés, de sabotage (trains, usines), d’action (contre les Allemands). Ces activités sont impitoyablement combattues par la Gestapo, aidée de la police française.

 

En 1940, les résistants sont peu nombreux. Mais, avec l’invasion de l’URSS en 1941, un grand nombre de communistes français entrent dans la Résistance. Ils forment les « Francs Tireurs et Partisans » (FTP). Des maquis se constituent dans les régions montagneuses et accueillent les réfractaires au STO.

Ces réseaux donnent naissance à différents mouvements aux idées politiques très différentes.

L’unification de la Résistance

En 1943, le général de Gaulle charge Jean Moulin d’unifier les différents mouvements de résistance : il forme le CNR (Conseil National de la Résistance). Mais il est arrêté, en juillet 1943, à Lyon et meurt après avoir été torturé.


À l’été 1944 sont créées les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) qui ont pour mission d’aider les Alliés à libérer la France. De nombreux actes de sabotage sont commis après le débarquement ; les maquis se soulèvent mais sont écrasés par l’ennemi (Vercors). Les FFI jouent un grand rôle dans la libération de Paris.


Cette participation de la Résistance à la libération du territoire a rendu à la France une place parmi les pays vainqueurs.

La victoire des Alliés

Le tournant de la guerre (1942)

En 1942, la guerre devient totale et mondiale. Les États-Unis jouent un rôle économique capital, en fournissant des armes pour leurs Alliés.

L’année 1942 marque l’arrêt des victoires de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon) :

  • Dans le Pacifique, a lieu la  bataille de Midway où les États-Unis remportent une première victoire face au Japon.
  • En Afrique, les Anglais sont victorieux à El-Alamein (ils arrêtent la progression de l’Afrika Korps allemand).
  • Dans l’Atlantique, les sous-marins allemands sont vaincus.
  • En Russie, la  bataille de Stalingrad  se conclut par la première défaite de la Wehrmacht (printemps 1942-janvier 1943), un million d’Allemands sont faits prisonniers. 

 

En novembre 1942, les Alliés débarquent en Afrique du Nord. 

La victoire alliée en Europe

En 1943, les Alliés débarquent en Italie. Ils sont accueillis en libérateurs, le régime fasciste s’écroule, Mussolini est arrêté. Les Allemands interviennent, Rome n’est libéré qu’en juin 1944.

Les villes allemandes sont bombardées massivement, certaines sont détruites (Hambourg, Dresde). Les Soviétiques avancent en Europe de l’est (Roumanie, Bulgarie, Pologne).

Le 6 juin 1944 a lieu le débarquement des Anglo-américains en Normandie. Le chef des troupes est Eisenhower. Après deux mois de combats dans le bocage normand les Alliés percent. 

Le 15 août 1944 a lieu un second débarquement en Provence.

Le 24 août 1944, la deuxième division blindée de Leclerc libère Paris.

Les Allemands ripostent par l’emploi d’armes nouvelles, les V1, les V2, et par le massacre de populations civiles (ainsi à Oradour-sur-Glane) et, enfin, par une dernière offensive dans les Ardennes en décembre 1944.

Au printemps 1945, les Russes et les Américains se rejoignent sur l’Elbe. Le 30 avril 1945, Hitler se suicide, Mussolini est exécuté.

Le 8 mai 1945, l’Armistice est signé, il met un terme à la guerre en Europe.

La mise à mort du Japon

Les soldats américains doivent reprendre les îles du Pacifique une par une. Plus ils approchent du Japon, plus les pertes sont élevées (entrée en action des kamikazes : les pilotes-suicides japonais).

En avril 1945, Roosevelt meurt, il est remplacé par Truman. 

 

Le 6 août 1945, la première bombe atomique tombe sur Hiroshima, entraînant la mort de 200 000 personnes. Le 9 août, une deuxième bombe tombe sur Nagasaki. Le 2 septembre 1945, les Japonais capitulent.

La Seconde Guerre mondiale est terminée.

Le monde en 1945

Un désastre humain

La Seconde Guerre mondiale a fait plus de 50 millions de morts. C’est le conflit le plus meurtrier de l’Histoire. Plus de 50 % des victimes sont des civils (bombardements, génocide). 40 millions de victimes sont européennes : l’URSS compte 20 millions de morts, la Pologne a perdu 20 % de sa population.Les habitants ont été choqués par les atrocités allemandes et japonaises. De 1945 à 1946, le tribunal de Nuremberg juge 21 hauts dignitaires nazis pour crime contre l’Humanité : cela désigne l’assassinat, l’extermination, la déportation d’une population civile pour des motifs politiques, raciaux ou religieux.

Des destructions massives

L’Europe est le continent le plus touché par les destructions matérielles : les voies de communication (ponts, routes…), les villes et les ports sont touchés. La production européenne a baissé de 50 % par rapport à 1939. Cela provoque des pénuries, l’inflation et la persistance du marché noir jusqu’en 1948.

Un nouvel ordre mondial

En février 1945, a lieu la conférence de Yalta qui réunit Staline, Churchill et Roosevelt : l’Allemagne et Berlin sont partagés en 4 zones d’occupation. Les Alliés s’engagent sur la tenue d’élections libres dans les pays libérés.

En juin 1945, la conférence de San Francisco crée l’ONU avec comme but d’éviter les guerres, de défendre les droits de l’Homme et de favoriser le progrès économique et social.

En juillet 1945, à la conférence de Potsdam, les frontières européennes sont rectifiées :

  • L’Allemagne perd des territoires à l’est
  • L’URSS s’empare de territoires à l’ouest (annexion des pays baltes)
  • La Pologne est décalée vers l’ouest.

Cela entraîne des déplacements massifs de populations (environ 20 millions de personnes).

La naissance de deux « Grands »

Face à l’Europe, les États-Unis apparaissent comme surpuissants : leurs pertes humaines sont faibles, ils n’ont pas connu de destruction, ils assurent 50 % de la production industrielle mondiale et possèdent les ¾ du stock d’or mondial. Le dollar devient la seule monnaie convertible en or et sert de monnaie internationale.

L’URSS est devenu le deuxième « Grand ». Malgré ses 20 millions de morts et les destructions, son prestige est énorme grâce à la puissance de l’Armée rouge qui a libéré, seule, l’Europe de l’est.

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