Le Nord de la France occupé, 1940-1944
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De l'invasion à la libération, une histoire méconnue ...

Panneaux allemands à Lille, en 1940.

1. La violence de l'invasion
2. Un statut particulier
3. Une lourde occupation
4. Les difficultés de la vie quotidienne
5. Le rejet de la collaboration
6. La persécution antisémite
7. La résistance dans le Nord—Pas-de-Calais
8. L'attente du débarquement
9. Une libération éclair

La violence de l’invasion de 1940

Des soldats de la Wehrmacht utilisent un canon de campagne au cours de combats dans les rues de Lille (mai 1940).

Contrairement à la légende – qui évoque une véritable promenade militaire –, l’invasion de la Belgique et de la France, en mai 1940, a été marquée par de très violents combats, par une véritable bataille d’anéantissement qui s’est développée des Ardennes au littoral de la Manche.

Si de nombreuses unités belges et françaises se sont disloquées sous les coups de la « guerre éclair », d’autres – notamment les unités professionnelles britanniques et les troupes coloniales françaises – ont opposé une forte résistance à la progression des colonnes blindées et de l’infanterie allemandes.

Cela a provoqué la réaction violente de certains éléments de l’armée d’invasion – en particulier des régiments SS qui suivaient les divisions blindées – et entraîné une série de massacres de civils et de prisonniers (près de 600 morts dans le Nord–Pas-de-Calais, dans la dernière semaine de mai).

Navires britanniques évacuant des soldats alliés dans le port de Dunkerque pendant l’Opération Dynamo (mai-juin 1940).
Files de soldats britanniques attendant le rembarquement sur une plage, près de Dunkerque, pendant l’Opération "Dynamo" (mai-juin 1940).

Les combats de retardement menés sur l’Escaut, à Lille et sur la ligne des canaux du bassin minier, ont favorisé l’évacuation, dans des conditions dramatiques, de 340 000 soldats britanniques et français à Dunkerque au cours de l’opération « Dynamo » (26 mai au 4 juin).

Parallèlement à l’invasion, le Nord de la France a été touché par un énorme exode de populations belges et françaises se précipitant vers le sud pour tenter d’échapper à une nouvelle occupation.

En quelques jours, la vie économique et sociale s’est effondrée.

La Belgique a capitulé le 28 mai ; l’armistice du 22 juin signifie la plus grave défaite de l’histoire de France. À l’été 1940, le Nord et le Pas-de-Calais sont en situation de coma.

Ruines au centre de Calais, après les bombardements allemands de mai 1940.

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