Le Nord de la France occupé, 1940-1944
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De l'invasion à la libération, une histoire méconnue ...

Panneaux allemands à Lille, en 1940.

1. La violence de l'invasion
2. Un statut particulier
3. Une lourde occupation
4. Les difficultés de la vie quotidienne
5. Le rejet de la collaboration
6. La persécution antisémite
7. La résistance dans le Nord—Pas-de-Calais
8. L'attente du débarquement
9. Une libération éclair

La résistance dans le Nord—Pas-de-Calais

La Résistance dans le Nord–Pas-de-Calais ne correspond pas à l’image générale retenue pour l’ensemble du territoire français.

Les maquis y sont inconnus, en raison de la présence massive des troupes d’occupation ; en revanche, les réseaux de renseignement, très utiles aux Alliés, sont nombreux et actifs.

Aviateurs américains cachés dans une ferme du Pas-de-Calais, après la chute de leur appareil (1944).
Affiche allemande annonçant la condamnation à mort de deux habitants d’une commune du Pas-de-Calais qui avaient caché des aviateurs britanniques (1942).

La Résistance naît dès l’été 1940, inspirée des modèles développés à Lille et dans ses environs pendant l’Occupation de 1914-1918.

Des réseaux se forment pour cacher les soldats britanniques qui veulent éviter la captivité en Allemagne.

Progressivement, se mettent en place des organisations plus structurées, qui se consacrent à l’hébergement et au convoyage vers l’Espagne des aviateurs alliés abattus au-dessus de la Belgique ou du Nord de la France ; certaines sont franco-belges, en particulier le réseau le plus actif, « Pat O’Leary ».

D’autres réseaux se consacrent au renseignement militaire ; leur action sera particulièrement importante pour connaître les travaux menés sur le « Mur de l’Atlantique » à partir de 1942 et pour identifier les sites liés aux armes nouvelles allemandes (V1 et V2), à partir de 1943.

Exemplaire de La Voix du Nord clandestine (1942).

Des journaux clandestins, tirés à quelques centaines d’exemplaires, apparaissent dès l’automne 1940, comme L’Homme libre, créé par l’ancien ministre socialiste, Jean Lebas. Mais c’est La Voix du Nord, créée en 1941 qui connaît la diffusion la plus large.

En 1942-1943, les services secrets britanniques implantent dans le Nord–Pas-de-Calais un réseau d’action très efficace, « Sylvestre-Farmer », dirigé par un homme exceptionnel, Michael Trotobas. Mais ce dernier est abattu à Lille en novembre 1943, après avoir organisé une série de sabotages spectaculaires.

Dissous en 1939, le Parti communiste s’est rapidement reconstruit dans la clandestinité. Dans les premiers mois de l’Occupation, il se cantonne dans une stricte neutralité vis-à-vis de l’occupant.

Mais les choses évoluent au printemps 1941 : ce sont les militants communistes qui organisent et encadrent la grande grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais (27 mai au 6 juin), qui mêle revendications sociales et sentiment patriotique.

La grève est durement réprimée : 250 mineurs sont déportés au camp de concentration de Sachsenhausen.

Papillon rédigé pendant la grève des mineurs du Nord–Pas-de-Calais (mai-juin 1941).

À partir de l’été 1941, un combat sans merci oppose, dans le bassin minier, les groupes d’action du Parti communiste et les polices allemandes et françaises qui agissent en totale collaboration.

Plus de la moitié des attentats et des sabotages réalisés en France par la Résistance, en 1941 et 1942, ont lieu dans le Nord et le Pas-de-Calais.

De 1940 à 1944, 1 143 hommes sont fusillés (à Lille et dans les environs, à la citadelle d’Arras), plus de 5 000 personnes (hommes et femmes) sont déportées dans les camps de concentration.

En novembre 1943, la fondation des Comités Départementaux de Libération (CDL) vise à unifier l’action des différentes formations de la Résistance. Mais celles-ci sont très affaiblies, fin 1943-début 1944, par des vagues d’arrestations opérées par les polices allemandes.

Tract largué par les avions britanniques au-dessus de la France occupée.
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