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Grâce au soutien de la Région Nord-Pas-de-Calais et du Conseil Général du Pas-de-Calais, LA COUPOLE a pu recruter, en 2004, un jeune chercheur de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Laurent Thiery, maître et doctorant en histoire, pour mener à bien une recherche approfondie sur les différentes formes de répression déclenchées par les Allemands - avec la collaboration des autorités de Vichy - dans la « zone rattachée » Nord-Pas-de-Calais pendant la Seconde Guerre mondiale.
Cette recherche prend appui sur le « Livre-Mémorial » des déportés de France arrêtés par mesure de répression, édité par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation en 2004, ouvrage fondateur d'une recherche historique rigoureuse sur un sujet longtemps négligé. Elle bénéficie aussi des travaux menés par Serge Klarsfeld sur la déportation des Juifs de France. Cependant, le travail réalisé par Laurent Thiery fournit une vision plus large et plus approfondie grâce à l'utilisation de nombreuses sources provenant des Archives Départementales du Nord et du Pas-de-Calais, des Archives du ministère de la Défense à Caen et des fonds belges (CEGES, ministère de la Santé).
La mémoire de la Seconde Guerre mondiale reste aujourd'hui, dans de nombreuses familles, soixante ans après les faits, une source d'affliction. Elle confond souvent, dans une même douleur, des parcours individuels très différents. Précisons tout d'abord ceux qui ne figurent pas dans cette publication : - Les prisonniers de guerre de 1940, détenus dans des Stalags ou des Oflags en Allemagne, qui connurent souvent des conditions de vie précaires pendant leur captivité, mais ne furent pas victimes de traitements inhumains, les conventions internationales ayant été respectées, pour l'essentiel, par la Wehrmacht.
- Les requis pour le travail obligatoire en Allemagne (STO), qui furent, pendant l'Occupation, qualifiés de « déportés du travail », mais dont le sort ne fut pas, à de rares exceptions près, tragique. La loi du 14 mai 1951, confirmée par un décret de la Cour de cassation du 10 février 1992, ne leur permet pas de se prévaloir du titre de « déporté ».
- Les jeunes gens, raflés par les Allemands à l'été 1944, et qui furent transférés dans des « camps de travail », comme Kahla, mais qui ne furent jamais soumis ni au régime pénitentiaire, ni au système concentrationnaire SS.
C'est un extraordinaire mémorial informatique qui vous est proposé ici. Il s'agit à la fois d'une image collective des souffrances endurées par la population du Nord-Pas-de-Calais du fait de l'action répressive des Allemands et de Vichy, mais également d'un hommage individuel aux victimes dont le nom laisse ainsi une trace dans l'Histoire. Des existences parfois brèves - on pense bien sûr aux enfants juifs et tsiganes gazés à Auschiwtz-Birkenau -, des vies de gens souvent ordinaires mais courageux, trouvent ici leur place. C'est donc une trace du passé sombre de la France et de l'Europe au XXe siècle qui est fixée. Elle fait, par contraste, mieux ressortir les bienfaits de la paix que la construction d'une Europe fraternelle nous a apportés, depuis soixante ans.
7 806 noms de personnes originaires de la région Nord-Pas-de-Calais, fusillées, abattues, mortes sous la torture ou déportées entre juin 1940 et septembre 1944, figurent dans quatre listes distinctes.
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